Appel à la valorisation des études mathématiques au sein des universités pour attirer les chercheurs (mathématiciens africains)


Rabat, 06/07/2017 (MAP) – Une fois le Baccalauréat en poche, les étudiants des mathématiques optent souvent pour les écoles d’ingénierie ou les classes préparatoires, l’université reste, malheureusement, un choix par défaut, ce qui conduit à un manque de chercheurs brillants dans ce domaine, ont relevé deux éminents mathématiciens africains primés lors de la 9ème édition du Congrès panafricain des mathématiciens, organisé à Rabat du 03 au 07 juillet.

« Les étudiants, en particulier les bacheliers des filières des sciences mathématiques, sont appelés à postuler pour les universités, considérées comme un réservoir d’expertise et de compétences, qui forment de brillants étudiants et ouvrent plusieurs portes à l’échelle nationale et internationale, a déclaré à la MAP Khalil Ezzinbi, professeur à l’université Cadi Ayyad de Marrakech.

A travers la concrétisation et l’amélioration du système LMD (licence, master, doctorat) et la mobilité internationale en faveur des jeunes chercheurs marocains et africains, l’université offre actuellement de nombreuses opportunités, a souligné M. Ezzinbi, honoré lors de cette 9e édition pour ces recherches et son encadrement dans le domaine, ainsi que pour ces nombreuses contributions à l’échelle africaine.

En dépit des réformes engagées et de la position du Royaume à l’échelle internationale, en termes d’encadrement des thèses et des formations doctorales, le nombre des chercheurs actifs dans le pays ne dépasse pas les 30%, en comparaison avec l’Europe, a-t-il regretté.

M. Ezzinbi a estimé à ce propos que les doctorants ne sont plus intéressés par la recherche et que le grade de professeur n’est plus encourageant comme auparavant en raison du manque des moyens incitatifs. « Or, ce grade devrait être le début d’une carrière de chercheur et de futur professeur des universités », a-t-il expliqué.

Pour améliorer le niveau des études universitaires en mathématiques au Maroc, ce mathématicien a appelé au recrutement de jeunes chercheurs, la mutualisation des moyens à travers la création de grands centres de recherches, l’encouragement des femmes et des bacheliers à choisir la filière des mathématiques dans les universités marocaines.

De son côté, le Malien Daouda Sangaré, professeur à l’université Nangui Abrogoua d’Abidjan, a relevé que de nombreuses avancées ont été réalisées au niveau de l’enseignement des mathématiques au Maroc, notant que le Royaume est devenu un pays d’accueil par excellence pour les étudiants africains qui préfèrent y poursuivre leurs études grâce à la qualité de la formation et aux conditions de vie favorables.

« Le Maroc, à travers l’Union des mathématiques africaine, accorde d’importantes opportunités, notamment des bourses aux lauréats des compétitions organisées par cette union, devenant ainsi une référence à l’échelle continentale », s’est-t-il réjoui.

Sur le plan africain, M. Sangaré a fait savoir que l’enseignement des mathématiques connaît plusieurs difficultés au niveau de la formation. « Malgré les réformes adoptées dans plusieurs pays africains, les programmes demeurent inadaptés aux réalités du continent », a-t-il déploré.

M. Sangaré, qui a également été primé à la 9e édition du Congrès panafricain des mathématiciens pour ses nombreuses contributions de recherche, a appelé à la mise en place de programmes adaptés aux spécificités des établissements africains pour la mise à niveau de ce domaine, l’encouragement des étudiants à choisir cette filière dans les universités et la contribution au développement du continent.

La première édition du Congrès panafricain des mathématiciens (COPAM) a été organisée au Maroc en 1976 à la faculté des sciences de l’Université Mohammed V et a donné naissance à l’Union africaine des mathématiques.

 

faapa.info

 

 
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